Les accidents de la route restent l'une des principales causes de décès évitables dans le monde. Rien qu'aux États-Unis et au Canada, 42 000 personnes perdent la vie chaque année dans des accidents de la route1. Malheureusement, les usagers vulnérables de la route — piétons et cyclistes — en font les frais de manière disproportionnée, puisqu’ils représentent 26 % de l’ensemble des décès liés aux accidents de la routedans le monde2.
Depuis des décennies, les professionnels des transports travaillent sans relâche pour inverser cette tendance, mais les méthodes traditionnelles d'évaluation de la sécurité routière présentent des failles structurelles. Il est temps que le secteur abandonne les modèles de sécurité réactifs pour adopter une approche proactive.
Au cœur de cette évolution se trouve « Vision Zéro », une initiative mondiale fondée sur le principe selon lequel aucune perte de vie sur nos routes n’est acceptable. Plutôt que de considérer les décès sur la route comme des conséquences inévitables de la mobilité, « Vision Zéro » reconnaît que les êtres humains commettent naturellement des erreurs et fait peser la responsabilité sur les concepteurs de systèmes et les décideurs politiques. Pour les ingénieurs, cela implique de construire une infrastructure « indulgente », où l’erreur humaine n’entraîne pas de conséquences mortelles ou graves. Cependant, pour parvenir réellement à ce changement de paradigme systémique, il faut une évolution fondamentale dans la manière dont nous identifions les dangers sur nos routes.
La faille fatale des données historiques sur les krachs boursiers
Traditionnellement, les ingénieurs spécialisés dans la circulation routière s'appuient largement sur les données historiques relatives aux accidents pour identifier les carrefours dangereux et justifier les investissements en matière de sécurité. Cependant, cette méthode présente des limites majeures qui empêchent les villes d'anticiper les problèmes :
- C'est une approche intrinsèquement réactive : S'appuyer sur l'historique des accidents revient fondamentalement à attendre que des personnes soient blessées ou perdent la vie avant de prendre des mesures correctives.
- C'est un processus lent : il faut parfois compter entre cinq et dix ans avant que des tendances statistiquement significatives en matière d’accidents n’apparaissent dans les données. Au moment où les ingénieurs identifient une tendance, la réalité opérationnelle du carrefour peut avoir complètement changé.
- Le contexte fait défaut : Les rapports d’incident omettent souvent des éléments clés du contexte comportemental — voire ne les mentionnent pas du tout —, ce qui empêche les ingénieurs en sécurité de déterminer les véritables causes profondes des conflits.
Un tableur ne permet tout simplement pas d'illustrer comment un conducteur roulant vers l'est, entièrement concentré sur le fait de se faufiler dans un intervalle entre les véhicules venant en sens inverse, a effectué de justesse un « virage en crochet à gauche » pour tourner à droite et s'engager sur la trajectoire d'un piéton.
Une approche proactive : la solution « near-miss » de Miovision, basée sur l'IA
Pour réduire véritablement le nombre de décès sur la route et atteindre les objectifs de « Vision Zéro », nous avons besoin d’outils d’analyse qui nous indiquent où se produisent les accidents vont se produiront, et pas seulement là où ils ont se sont produits. C’est là qu’interviennent les études de sécurité.
Études de sécurité Miovision associent des méthodologies éprouvées de sécurité par indicateurs de substitution à une intelligence artificielle de pointe pour évaluer les risques avant que les collisions ne se produisent.
Lors du traitement des données vidéo, notre IA de vision par ordinateur détecte et classe les différents usagers de la route, en utilisant des algorithmes de suivi pour relier leurs mouvements image par image. Le logiciel convertit l’espace pixel de la vidéo en coordonnées du monde réel, créant ainsi une cartographie spatiale extrêmement précise. En analysant les trajectoires qui se croisent entre les usagers de la route, l’IA évalue les interactions en fonction de facteurs de risque critiques tels que la vitesse du véhicule, l’angle d’impact, le type d’usager et l’écart temporel.
La capacité prédictive de cette technologie est stupéfiante. Les données de Miovision relatives aux quasi-accidents permettent de prédire, avec une précision de 94 %, si un accident corporel se produira à un endroit précis au cours des cinq prochaines années.
Mesurer le succès en semaines, et non en années
Grâce à l'analyse vidéo des incidents évités de justesse, les autorités peuvent passer de mesures de sécurité générales à des contre-mesures hautement ciblées et précises. Les données relatives à ces incidents évités de justesse fournissant des informations approfondies sur des situations conflictuelles spécifiques, les villes peuvent mettre en œuvre des solutions offrant un retour sur investissement élevé sans perturber inutilement la circulation là où la sécurité est déjà assurée.
Surtout, les études de sécurité permettent aux ingénieurs de mesurer l'efficacité des mesures de sécurité presque immédiatement. Au lieu d’attendre encore dix ans que les données sur les accidents valident la mise à jour d’une infrastructure, les villes peuvent mettre en œuvre un changement, déployer des caméras pendant quelques jours et recevoir une étude de sécurité complète de la part de Miovision dans un délai de 14 jours.
Les résultats concrets parlent d'eux-mêmes. Dans le cadre d’un projet récent portant sur 50 carrefours répartis dans cinq villes canadiennes, des ingénieurs ont utilisé les données de Miovision pour mettre en œuvre 119 mesures correctives peu coûteuses, telles que la mise à jour du marquage au sol et l’ajustement des feux de signalisation. Cette approche ciblée a permis d’obtenir une réduction moyenne incroyable de 85 % du risque lié aux conflits étudiés. À Vancouver plus particulièrement, ces ajustements proactifs ont entraîné une baisse de 55 % des quasi-accidents impliquant des cyclistes, contribuant ainsi à une hausse de 68 % du nombre de cyclistes.
En rendant les rues objectivement plus sûres, nous encourageons la population à recourir en toute confiance aux modes de transport actifs et multimodaux. En accordant la priorité aux données proactives sur les quasi-accidents, les professionnels des transports disposent enfin des preuves visuelles convaincantes et des boucles de rétroaction rapides nécessaires pour sauver des vies et faire de « Vision Zéro » une réalité.
1Communiqué de presse de la NHTSA 2022
2OMS, Rapport sur la situation mondiale de la sécurité routière, 2023